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Le marché est-il efficient ?

janvier 4, 2008

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Pour faire simple, un marché efficient est un marché au sein duquel, à tout moment, les actions se traitent à la meilleure estimation de leur valeur intrinsèque (VI).
Ce qui nous amène à deux sous-problématiques :

la VI existe-elle et le cas échéant comment la définir ?

si la VI existe, comment peut-on l’estimer, et surtout peut-on l’estimer parfaitement, et enfin, le marché va-t-il en pratique l’estimer parfaitement le cas échéant ?

    Il semblerait qu’il existe bien une « juste valeur » autrement dit une valeur intrinsèque pour chaque action, et ce, bien entendu, en vertu de l’analyse fondamentale du sous-jacent.

    Effectivement, l’exercice du calcul du PER (Price Earning Ratio) n’est pas complètement inutile, et les périodes de bulle sont là pour nous rappeler que lorsque la valeur d’une action s’écarte trop de ce qu’on appellera VI, les lois de la gravité se font brutalement sentir…

    La VI serait donc au minimum sous-jacente (ce que par ailleurs nul ne semble nier aujourd’hui, même chez les critiques les plus cohérents de l’analyse fondamentale).

    Mais pour pouvoir estimer cette VI, il faut de l’information non seulement exacte mais présente à point nommé chez tous les investisseurs. Entendez que si certains investisseurs sont initiés, d’autres en retard, ou que l’information n’est pas divulguée de la même façon à tous les investisseurs, l’estimation de la VI ne pourra être identique d’un investisseur à l’autre.

    Auquel cas les cours ne pourront jamais converger rigoureusement vers cette VI.

    Dans ce cas peut-on encore parler de VI ? Si oui il faudrait préciser VI « pour ceux qui maîtrisent parfaitement les fondamentaux de la société » : les dirigeants ? Admettons.

    A ce stade on comprend donc qu’il existe une VI sous-jacente qui ne peut être connue que de l’équipe dirigeante ou tout initié.

    Le problème étant que le marché n’est globalement pas initié, pas plus qu’il ne maîtrise les fondamentaux à l’égal des dirigeants. Certes des lois sont passées obligeant les dirigeants à divulguer immédiatement toute information susceptible d’influencer le marché, mais même à l’heure du haut-débit, croyez-vous vraiment que le marché dans son entièreté sera mis systématiquement au fait de toute information, fondée ou non, susceptible d’affecter le marché, et de la même façon ? Rien n’est moins sûr…

    En fait, on pourrait presque écrire que l’information qui circule sur les marchés est toujours imparfaite.

    Ajoutez à cela la psychologie des foules qui nous donne la sentence : « toute chose n’a comme valeur que celle que le marché consent à lui donner », et voila que nous présumons que le marché peut très bien s’éloigner considérablement et durablement de ce qu’il est commun d’appeler VI, encore une fois les bulles nous le prouvent.

    nb : s’il est permis de discuter comme nous venons de le faire sur les capitalisations importantes, comment le marché des small-caps pourrait-il être efficient quand on connaît combien il est facilement manipulable par les ordres les plus ridicules !

    Conclusion : même s’il existe une valeur intrinsèque sous-jacente, le marché pouvant s’en écarter durablement, les marchés ne sont d’une manière générale pas efficients selon la définition admise et stipulant : « à tout moment les actions se traitent à la meilleure estimation de leur VI ».

    Remarquez que les partisans de la théorie de l’efficience des marchés soutiennent, logiquement car c’en est une conséquence, que nous sommes condamnés à acheter au « juste prix », toutes les informations disponibles étant déjà intégrées par le marché. Autrement dit impossible de rentrer sur une action sous-valorisée puisque dans ces conditions la sous (ou sur) valorisation n’existe pas. Il ne reste plus que la projection de l’augmentation des bénéfices futurs et la prévision du nombre d’années pendant lesquelles la société pourra tenir l’augmentation, pour faire son analyse de pré-rentrée, pour les fondamentalistes purs.

    En fin de compte, pour ce que je défends, à savoir l’inefficience des marchés, je retiens qu’il n’y a de valeur qu’éventuellement sous-jacente, mais qu’elle ne saurait être suivie en toute circonstance par le marché !

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    Rappel sur les types de risques

    janvier 2, 2008


    Pour comprendre au mieux le paragraphe qui suivra sur la théorie de l’efficience du marché, et aussi car c’est un préalable indispensable.

    On distingue 2 types de risques qui vont peser sur l’intervenant des marchés actions.

    – le risque du marché (risque systématique)

    – le risque de la société (risque spécifique)


    Ces 2 risques « principaux » se subdivisant eux-mêmes en diverses classes de risque.

     

    Pour illustrer cela, prenons un exemple. Supposez que vous désiriez jouer la hausse du cours du pétrole, ou même celle de l’or. Deux solutions s’offrent à vous dont une seule est réellement appropriée : acheter des contrats brent ou gold (futures : commodities market), ou acheter des actions d’une compagnie pétrolière ou minière (equities market).

    Avec les dérivés, vous jouez directement sur l’évolution du sous-jacent qui vous intéresse : il s’agit clairement de la solution la plus cohérente avec l’objet de l’investissement. Le seul risque que vous supporterez sera celui du sous-jacent concerné : tout est normal.

    En revanche, beaucoup commettent l’erreur (et c’en est bien une si l’investissement est inconsidéré) de passer par le marché des actions. Une telle démarche doit être volontaire et logique jusqu’au bout, à savoir que l’investisseur doit avoir de bonnes raisons de jouer sur les actions. A défaut, en plus d’être incohérent, il faut bien comprendre que cet investisseur va supporter deux risques supplémentaires en plus de celui du sous-jacent : le risque du marché actions, et le risque lié à la compagnie exploitante. Vous avez bien compris que l’investisseur n’est plus seulement lié au cours du brent ou de l’once d’or, mais aussi à la gestion de la société et à la psychologie des foules formant le marché actions.