La crise des « subprimes »


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Petit et synthétique billet sur l’actualité économique (non, je ne parlerai pas de Jérôme Kerviel, laissons cet homme en paix en attendant les résultats de l’instruction et ne cédons surtout pas à la tentation du lynchage en règle orchestré ces derniers jours par les médias de tout bord), l’actualité donc, tout simplement la crise des subprimes, parce que c’est essentiel de la comprendre.


Qu’est-ce qu’un crédit subprime ?

Pour faire simple, disons que les crédits « subprime » sont les crédits immobiliers (essentiellement, puisqu’on y trouve aussi les cartes de crédit et les locations de voitures) qui concentrent les prêts hypothécaires des emprunteurs à risque .

Cette clientèle à risque, qui comprend donc les emprunteurs les moins solvables, se voit proposer de telles facilités d’endettement en contrepartie d’une majoration du taux d’intérêt applicable : « prime ». Sachant que ces crédits sont majoritairement souscrits à taux variables.

On estime que le marché des subprimes représente presque ¼ du marché total des prêts immobiliers.

Cette tendance a été encouragée par les lois en vigueur afin de permettre l’accès le plus large possible à la propriété.

Tant que les taux d’intérêt n’excédent pas les capacités de remboursement des ménages américains et que le marché immobilier poursuit sa croissance, l’endettement des ménages reste contenu, et leur patrimoine se valorise, ce qui, pour ce dernier point, a une double conséquence : la possibilité pour les ménages de vendre leur bien avec plus-value, et la valorisation des réserves hypothécaires des banques qui constitue la première de leurs sûretés contre les défauts de paiement.

Telle était la situation à peu près équilibrée avant la « crise ».


L’origine de la crise :

La crise puise son origine dans le double mouvement de ralentissement de la croissance du marché immobilier, voire de baisse dans certaines régions (certains parleront de dégonflement de la bulle immobilière US), et dans la remontée des taux d’intérêt.

Logiquement, ceci a entraîné un formidable accroissement des défauts de paiement des ménages, et conjointement la diminution de la valeur des garanties hypothécaires censées justement couvrir ces défauts de paiement.

La vente aux enchères de la multitude de biens saisis a encore précipité la chute du marché immobilier.

C’est à partir de ce moment (août 2007) que de nombreuses sociétés de prêts hypothécaires à risque firent faillite.


La transmission de la crise :

La crise d’origine américaine s’est propagée dans le monde en entraînant une crise boursière, et ce, sous l’effet du phénomène de titrisation des créances.

La titrisation consiste à transformer une créance, initialement conservée jusqu’à majorité dans le portefeuille du créancier, en un actif financier négociable sur le marché.

Cette mise sur le marché des créances, et en l’occurrence des créances subprimes, procédé développé à la fin des années 1980 aux Etats-Unis, a deux avantages : redistribuer le risque entre les nouveaux détenteurs des créances morcelées = transfert du risque, tout en permettant aux banques de se refinancer en liquidités = accès à une nouvelle source de financement.

Or, ce qui devait à l’origine prendre la forme d’une répartition optimale des risques par le marché, a au contraire, de par la nature essentiellement spéculative de l’opération, amené la concentration des créances titrisées au sein des portefeuilles en nombre restreint des investisseurs qui pariaient sur le fait qu’un tel arbitrage du risque se perpétuerait : les banques, les compagnies d’assurance, les fonds de pension, et les fonds spéculatifs… Et ce, dans le Monde entier.

A ce stade, soyons clair : la titrisation n’est pas en tant que telle une cause de la crise des subprimes, mais plutôt son mode de structuration (que je ne développerai pas ici), et surtout le contexte économique dans lequel cette circulation d’actifs se place.

Confrontés à la chute de la valeur de leurs actifs, les institutionnels trop exposés aux subprimes furent mis en difficulté. Ce fût le cas de la Bear Stearns et de la Northern Rock.

Ce fût aussi l’explication du gel des fonds de la BNP Paribas, indirectement engagée comme les autres banques dans le financement des fonds investis en subprimes.

Il en a résulté un effet massif de contagion aux marchés internationaux, et même des craintes de contagion à l’économie réelle (cf. la menace de récession aux USA).

La France subit comme les autres pays l’impact de la crise américaine, ceci dit les banques françaises sont apparues comme moins exposées aux subprimes car peu impliquées sur le marché américain de la titrisation, contrairement aux banques allemandes par exemple.

Pour autant, leur exposition aux subprimes n’est pas nulle : 1.6 milliards d’€ pour Calyon, 200 millions pour BNP Paribas, et…à l’origine 550 millions pour la Société Générale… Puis plus vraisemblablement près de 2 milliards d’€ annoncés.

Notons que cette exposition et la diminution des bénéfices qui en résultera a été plutôt correctement intégrée par les marchés mondiaux.
En effet, l’enveloppe des crédits tourne autour de 1.000 milliards de $ ; avec un taux de défaut constaté de 20%, et une récupération de la moitié de la valeur des biens sinistrés, c’est donc une perte maximale de 100 milliards de $ à prévoir pour le système bancaire. A comparer aux plus de 300 milliards de profits que font les banques chaque année. Et la bourse a déjà anticipé en révisant à la baisse d’un tiers l’appréciation des valeurs bancaires.

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