Take profit : discrétionnaire, trailing stop, limite

mai 27, 2008






– seconde partie –



La sortie discrétionnaire, comme son nom l’indique…, est la sortie pouvant être déclenchée à tout moment à l’initiative du trader. Elle peut être brutale, spontanée, et donc à ce titre dangereuse puisqu’elle tolère l’action (ou l’inaction : absence de sortie) sous l’emprise de l’émotion.
Elle peut aussi être réfléchie et répondre à un schéma technique prédéterminé. Ce qui ne la rend pas plus intelligente puisque dans ce cas il aurait mieux valu prévoir une sortie sur ordre dont la fiabilité (supposée) du déclenchement automatique amène bien plus de sérénité.

Bref, elle n’est réellement légitime que quand c’est au trader d’intervenir en prenant le pas sur la machine, dans tous les cas (non exhaustifs) suivants :

changement brutal des fondamentaux (publication d’une statistique ou réalisation d’un évènement marquant dans le monde : attentat, etc…) ;
position en cours avec objectif de profits dépassé sans limite de profit potentielle ;
évolution d’une analyse technique des cours ordonnant la clôture d’une position (exemple typique : range monotone de longue durée sans déclenchement du stop loss ni réalisation d’un profit potentiel suffisamment intéressant, le trader pourra alors à tout moment décider de mettre fin au trade, pour se repositionner ultérieurement dans une configuration de marché moins hasardeuse, surtout dans le cas d’une position virtuellement perdante mais à concurrence d’un montant inférieur au risque prédéterminé : ce qui revient à resserrer un stop loss avec un objectif de sortie rapide) ;
trade hautement spéculatif (trade d’une statistique) sans le moindre objectif de profit (ce qui entraînera une sortie discrétionnaire rapide si le marché décale dans le bon sens) ;



La sortie sur ordre limite de gain, elle, automatise la clôture d’un trade gagnant si les cours rejoignent une limite technique préenregistrée lors de la constitution de l’ordre.

Généralement, on va apprécier ce potentiel de gain en fonction du risque pris et du support à venir (position short) ou de la résistance à venir (position longue). Par exemple, si la limite technique de gain donne une plus-value à peine supérieure (ou a fortiori inférieure) au risque pris, la faiblesse du ratio potentiel qui en découle va venir logiquement interdire ou limiter la taille de la prise de position.

Un tel ordre, bien que psychologiquement très rassurant pour le trader (mon risque étant calculé, je m’absente boire un café, et je sais qu’à tel niveau de cours j’encaisserai automatiquement le cas échéant), est en réalité d’utilisation douteuse puisque, par définition, l’ordre est conçu pour couper une pose gagnante automatiquement. C’est la raison pour laquelle il doit être surtout utilisé, soit pour des trades court-terme en plaçant la limite sur un support ou sur une résistance d’envergure où les cours ont une probabilité forte de rebondir, soit pour des trades réalisés à moyen-long terme, pour plus de sérénité en cas d’absences du trader, et lorsqu’il assure une plus-value confortable uniquement afin de ne pas nuire au principe de maximisation du profit, et dans une situation où l’horizon d’investissement tolère qu’on subisse la volatilité du cours pendant quelque temps, ce qui interdit l’emploi d’un trailing stop : cf. infra (exemple typique : si je vise +20% sur le cours de l’once d’Or d’ici 6 mois, je peux me couvrir, toujours est-il que je place un ordre limite de vente à +20% sans m’attarder outre mesure sur la volatilité des cours pendant ce temps puisque mon horizon d’investissement est lointain).



Le second type de sortie technique sur pivot est celui de l’enregistrement d’un ordre stop venant (le cas échéant) couper une pose perdante. C’est la définition même du risque. Simultanément à l’ouverture d’une position, le stop loss est placé afin de limiter le risque pris : vous savez que vous ne pourrez pas perdre plus de x% de votre position sur ce trade en particulier. Vous risquez donc bien x.

Cet ordre est presque toujours indispensable, car sans gestion du risque il n’y a pas de trading viable possible.

Ceci dit, dans le cadre de cet article sur la prise de profit, concentrons-nous sur un ordre particulier : le trailing stop.

Il est le type de sortie la plus raisonnable. En effet, en cas de trade virtuellement gagnant, si vous ne souhaitez pas vous limiter par un ordre limite de prise de profit (voir ci-dessus), il reste la sortie discrétionnaire, et….. le trailing stop qui n’est ni plus ni moins qu’un stop suiveur accompagnant automatiquement le cours tout en assurant le chemin effectué.

Pour l’image, représentez-vous un grimpeur qui ancre ses mousquetons (dégaines dans le jargon) dans la roche au fur et à mesure de sa progression. De la sorte, il sait qu’en cas de chute il sera retenu par le dernier point d’ancrage réalisé (s’il résiste… mais ça, c’est un autre problème, qui a d’ailleurs malheureusement aussi son pendant sur les marchés financiers… la fiabilité des ordres stop dans les conditions difficiles de marché : sujet d’un autre article ?).
Le grimpeur s’assure donc en cas de chute, et peut parallèlement continuer sa montée tant qu’il dispose de corde, de coinceurs, de pics, etc… Rassurez-vous, sur les marchés vous pouvez modifier l’emplacement de vos ordres autant de fois que vous le voulez, et au cas où votre courtier ne vous proposerait pas la fonctionnalité de trailing stop automatisé, vous pourrez réaliser vous-même le système en déplaçant votre ordre manuellement (mais là attention, on n’est pas loin d’une sortie discrétionnaire réfléchie puisque le trailing stop serait en grande partie « psychologique »).

Vous l’aurez donc compris, un trailing stop accompagne la progression du cours tant qu’elle a lieu dans votre sens, en demeurant à égale distance de ce cours, mais sans retour en arrière possible puisque le stop va couper votre position en cas de retournement du marché.

Cet ordre sera mis en place dans 90% des cas de trading.
Mais ce n’est pas aussi simple, car en fonction des conditions de marché, vous devrez par vous-même déterminer à quels intervalles vous allez fixer vos points d’ancrage, entendez déterminer à quelle distance votre trailing stop va-suivre le cours.
– Trop proche, et votre stop va sauter entraînant la clôture de votre position sur un simple et insignifiant mouvement de marché (ce qu’on appelle le bruit du signal : une tendance n’est jamais rectiligne mais évolue plutôt grossièrement par étapes avec des zones de consolidation allant temporairement dans l’autre sens).
– Trop éloigné, et vous passerez certes au-dessus du bruit du signal, mais en cas de réel retournement de tendance votre stop se déclenchera un peu trop tard vous faisant perdre une partie de la plus-value latente maximale accumulée avant le retournement.

cf. schéma d’en-tête.
[10h30-11h : zone de bruit ; 12h : retournement ; 12h30 : take profit sur déclenchement d’un trailing stop]

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Take profit : discrétionnaire, trailing stop, limite

avril 8, 2008




Prendre ses profits, c’est sortir gagnant, c’est pouvoir présenter statistiquement un pourcentage de trades clôturés gagnants meilleur que celui qui était enregistré avant la clôture, en somme… C’est avoir raison ? Et non. Parce que celui qui sort gagnant après être passé par une moins-value latente au-delà du raisonnable a eu tort… Parce que celui qui sort gagnant alors que toutes les conditions étaient réunies pour qu’il puisse gagner cinq fois plus a tout aussi tort… Le premier n’a pas contrôlé son risque, le second n’a pas contrôlé sa prise de profit. Pourtant les deux sont sortis gagnants. Que faut-il comprendre de ceci ? Pour les retardataires la réponse est ICI.

Ceci étant rappelé, nous allons nous intéresser à la problématique du moment de la prise de profit lors d’un trade virtuellement gagnant, c’est-à-dire lorsque nous sommes face à une plus-value latente.
Comme déjà expliqué dans l’article auquel je renvoie trois lignes plus haut, l’objectif est de maximiser sa plus-value latente avant de déclencher sa prise de profit.
A ce stade, vous devez avoir compris cela : pour compenser le risque, le profit doit être optimisé.
Sachant qu’à tout moment le marché peut se retourner, comment savoir si le moment de clôturer est arrivé ? Comment être certain que dans telle ou telle situation de marché la prise de profit envisagée est raisonnable ? Sommes-nous trop prudents en sortant maintenant ? Ou trop ambitieux en ne voulant pas encore sortir ?

Quelle délicate recherche d’équilibre…



Il existe 3 moyens principaux de clôturer un trade gagnant :

– la sortie discrétionnaire
– la sortie technique sur pivot : déclenchement d’un ordre limite
– la sortie automatisée : sortie sur déclenchement d’un trailing stop

Les deux dernières étant des sorties « sur ordre ».



Manque de pot, les trois sont valables… Mais pas dans toutes les situations…

Sachant qu’il existe un dénominateur commun à cela : l’objectif minimum de profit au regard du risque pris.



Article en cours de rédaction. To be continued.

Les trois piliers du profil d’un vrai trader

mars 29, 2008


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Le profil d’un vrai trader n’est pas celui d’un mathématicien spécialisé dans le calcul stochastique, laissons cela à ceux des salles de marchés des banques qui développent surtout des systèmes d’arbitrage tout en étant extrêmement encadrés jusque dans les résultats à atteindre.

Non, le vrai trader est capable de trader en fonds propres, au pire tout seul, au mieux au sein d’une boîte de proprietary trading indépendante.
Et il trade en directionnel, ni plus ni moins. Sur Forex, ou sur Futures indices généralement.
Il y a le marché, il y a un homme, il y a de l’argent à gagner… Ou à perdre. Pas de processus stochastiques complexes et de robots pour intervenir à la marge sur les fonds des clients, pas besoin d’être le plus intelligent (ce serait bien trop facile), pas besoin de maîtriser toutes les mathématiques financières : en bourse, on devient plus capable de gagner après une partie de golf avec la ou les bonnes personnes ; en trading on n’est capable de gagner que si on est né trader. Parce qu’on ne trade qu’avec ce qui constitue notre personnalité, qu’avec ce qui fait de nous des hommes.

Celui qui n’en a pas le profil va rapidement émotionnellement craquer devant la peur d’engager ses fonds propres.



Alors êtes-vous un trader / avez-vous une chance de le devenir ?

Vous l’êtes déjà ou êtes en bonne voie de le devenir si, cumulativement, vous possédez les qualités suivantes, ou êtes en bonne voie de les réveiller et de les développer :



1/ Knowledge

La connaissance des marchés financiers et de l’univers dans lequel vous voulez évoluer.
Ce qui va de la connaissance des mécanismes et des paradigmes économiques fondamentaux avec leurs effets attendus sur les marchés (qu’implique généralement une baisse des taux ? Qu’implique généralement un nombre d’inscriptions au chômage inférieur aux prévisions ? …), à la connaissance des règles applicables aux produits traités (futures, cfd, warrants, certificats) qui seront vos outils d’intervention sur les sous-jacents de votre choix.

But knowledge is nothing without understanding, and that is understanding :



2/ Understanding

C’est votre vision réfléchie du marché, autrement dit votre méthode de trading.
Amenée à évoluer car rien n’est immuable, elle est votre schéma opérationnel, votre guide d’intervention, votre technique d’action propre.

Mais même une stratégie expérimentée et validée avec le temps n’est plus rien si vous n’êtes pas ou plus capables de la mettre en oeuvre. Here we go :



3/ Maîtrise de soi

En plus d’une parfaite connaissance du marché, des produits, et des outils, en plus de posséder une bonne méthode de travail, vous devez avoir une bonne maîtrise de vos émotions pour mettre toutes les chances de réussite votre côté, et faire du bon trading.
Si ce n’est pas déjà acquis, les émotions que vous devrez apprendre à maîtriser sont les suivantes : la peur de perdre donc la peur de prendre position et/ou la peur de perdre une plus-value latente, et son contraire : l’impatience, l’impulsivité et l’appât du gain, et/ou l’excès d’optimisme qui va conduire à refuser la clôture de poses perdantes…
Votre stratégie aura beau être bonne, si vous avez excessivement peur du risque et que vous paniquez avant chaque prise de position puis que vous n’entrez finalement pas… Ou bien si vous ne savez pas gérer une pose ouverte et que vous clôturez trop tôt ou trop tard… Alors que vous savez pertinemment que vous agissez mal, mais que quelque chose en vous vous empêche d’agir conformément à votre stratégie, c’est tout simplement que vous n’êtes pas prêt psychologiquement : vous n’êtes dans ce cas pas maître de vos émotions.

cf. ICI

Afin de vous aider à prendre du recul par rapport à votre trading, retenez que l’esprit humain est conçu de sorte qu’on ressentira toujours plus les défaites que les victoires. On attend les victoires, mais on refuse les défaites… Donc les premières ne nous réjouirons jamais autant que les secondes impacterons notre moral. Il y a une appréhension clairement dissymétrique gain/perte, alors même qu’on se placerait dans l’hypothèse gain et perte strictement équivalents en valeur absolue. Faire +2% un jour ne vous rendra pas plus heureux. En revanche faire -2% le lendemain va vous impacter terriblement. Progresser de 10%, puis perdre jusqu’à ne conserver plus que 1% de plus-value vous donnera l’impression d’être perdant et votre esprit restera bloqué sur une défaite.
Alors reculez, démystifiez, dépassionnez, ne vous enfermez pas dans cette bulle de chiffres confus. Croyez-moi vous vous rappellerez du conseil le moment venu, honnêtement on est tous passés par là. Dans une certaine mesure le trading c’est la vie avec ses risques et ses prises de position : la psychologie du trading ne s’invente pas, c’est à peu près la même qu’ailleurs.
Dis-moi comment tu trades, je te dirai qui tu es.


Qu’un seul des trois piliers fasse défaut, et c’est tout le fragile édifice que vous aurez tenté de bâtir qui se cassera la figure.
Parce que l’homme est souvent assez fou pour bâtir des temples sans fondations, vous devrez veiller à ne pas, vous, commettre cette erreur.
Plus facile à dire qu’à faire en réalité, mais je n’ai jamais dit que c’était à la portée du tout venant, rappelez-vous, on ne trade qu’avec ce qui fait de nous des hommes, or tout homme n’est pas un trader potentiel.

Trading is a vocation, not a hobby.

Foreign Exchange : toujours liquide, encore plus de volume !

mars 9, 2008


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Bienvenue sur le forex, marché le plus liquide du monde.

Un broker suisse me confiait récemment qu’ils assurent la liquidité instantanément et automatiquement pour toute position ordonnée par leurs clients particuliers jusqu’à 20.000.000 d’euros.
Au-delà, loin d’être impossible, la transaction est assurée manuellement par un de leurs cambistes après accord de la Deutsche Bank qui leur fournit les liquidités : temps de l’opération : quelques secondes de plus…

C’est bien simple, le forex est un marché essentiellement interbancaire où vous ne pèserez, pour ainsi dire, jamais rien. Votre broker vous propose un prix, vous intervenez ou pas, mais vous ne faîtes jamais le marché, contrairement à la bourse.
La seule limite à laquelle vous vous heurterez est celle de la carrure de votre broker, et encore… Avec un capital conséquent les places de prime brokerage vous sont ouvertes.

Le forex est un marché statistique, relativement opaque, technique et graphique à trader.
Les moments les plus évidents dans leurs rapports avec les fondamentaux économiques sont ceux de la publication des statistiques (ISM, chômage, etc…) avec des effets brutaux qui vous font regretter d’avoir une pose ouverte à ce moment là… Sauf si vous êtes bien décidé à vouloir « trader la stat » à vos risques et périls.

Tous les brokers offrent un levier allant de 20 à 100 suivant la taille du compte, parfois beaucoup plus surtout parmi les moins fiables.
Justement la fiabilité : ce marché n’étant pas centralisé, les réglementations, quand elles existent, sont diverses et variées. Les services vous seront proposés par des banques, des brokers ou market makers réputés, en passant par des sociétés douteuses sans capital ni volume sérieux.

A ce sujet, la place Suisse qui ne connaissait pas de réglementation très prononcée contraint désormais ses brokers forex à obtenir le statut de banque d’ici 2009 pour être autorisés à poursuivre leur activité auprès des particuliers, conformément au souhait de la Commission Fédérale des Banques d’abroger l’exception à l’assujettissement des négociants en devises à l’ordonnance des banques.
Les brokers les plus sérieux saluent cette réforme qui devrait faire le ménage dans le pays en conduisant les brokers existants (ceux qui le pourront) à demander une licence bancaire (cher, donc exit les brokers au capital risible), ou à s’adosser à une banque déjà existante (là aussi ça va filtrer).
Plus de détails ici :

modification de l’ordonnance des banques



A part ça, avez-vous remarqué que depuis un an environ, la volatilité des principales paires du marché du forex atteint des niveaux sans précédent ? Ce qui se traduit notamment par des spikes de vol colossaux lors de la publication des stats les plus importantes. Il n’est ainsi plus rare d’observer des spikes de 50 pips et des volatilités journalières comprises entre 100 et 150 pips dont plus de 100 pips exploitables certaines journées de trading.

Ce qui est sans doute à mettre en rapport avec l’augmentation des volumes traités sur ce marché. Accrochez vos ceintures avec cet extrait du journal Le Monde :

Les transactions sur le marché des devises explosent

C’est un montant qui donne le vertige et illustre le rythme de développement quasi exponentiel que connaissent les marchés financiers internationaux.
Selon les statistiques publiées mardi 25 septembre par la Banque des règlements internationaux (BRI) et collectées auprès de 54 banques centrales dans le monde, le volume quotidien des transactions sur le marché mondial des changes s’élève à 3 200 milliards de dollars (2 265 milliards d’euros).
En comparaison, cela représente environ une fois et demi le produit intérieur brut (PIB) de la France.
Spectaculaire en niveaux absolus, ce montant est également impressionnant par la rapidité de la progression observée. Selon la précédente enquête de la BRI, réalisée il y a trois ans, le volume quotidien des transactions sur le marché des changes était « seulement » de 1 880 milliards de dollars en 2004. Cette hausse de 71 %, à taux de change courant, et de 65 % à taux de change constant, est « sans précédent », note la BRI.
Pour mémoire, lors de la première étude réalisée en 1992, ce volume s’établissait à 820 milliards de dollars.
Pour expliquer cette explosion des montants, la BRI, qu’on surnomme aussi la banque centrale des banques centrales, met en avant l’essor de nouveaux acteurs des marchés financiers, en particulier les hedge funds, ces fonds spéculatifs, essentiellement originaires des pays anglo-saxons, qui gèrent de façon dynamique et à très court terme les capitaux que leur confient leurs clients.
« La tendance des investisseurs institutionnels disposant d’un horizon de placement à plus long terme à détenir des portefeuilles plus internationalisés pourrait aussi avoir joué », ajoute la BRI. De fait, les compagnies d’assurances ou les caisses de retraite, qui se contentaient de placements plutôt nationaux, n’hésitent plus désormais à placer leur argent au-delà des frontières, ce qui les oblige à réaliser des conversions de devises.
Certains n’hésitent pas à jouer sur les écarts de taux entre pays, empruntant dans des devises comme le yen ou le franc suisse où les taux d’intérêt sont très bas pour les replacer dans des pays où ils sont plus élevés.
« Le développement des techniques sophistiquées de trading, notamment celles faisant intervenir des outils mathématiques complexes, pourrait aussi avoir favorisé les transactions sur le marché des changes », souligne la BRI. La publication de cette étude, intervenant en pleine crise financière, a de quoi nourrir les critiques contre l’importance démesurée prise aujourd’hui par les marchés de capitaux et par la déconnexion croissante entre la sphère financière et la sphère économique réelle.
Le volume quotidien de 3 200 milliards de dollars de transactions sur le marché des changes représente plusieurs centaines de fois celui des échanges commerciaux véritables.
Les professionnels de marché tiennent toutefois à relativiser ce décalage. Ils soulignent que l’importance des volumes, essentiellement entre banques, est le garant de la liquidité du marché, c’est-à-dire la possibilité pour tout acteur (gestionnaire, entreprise, etc.) de pouvoir acheter ou vendre une devise au prix désiré. Ils observent aussi que le boom des transactions sur le marché des changes est lié au développement de nouveaux instruments financiers dits dérivés permettant aux entreprises de se protéger contre les fluctuations des devises.
C’est ainsi que, selon la BRI, le montant quotidien des opérations de gré à gré sur produits dérivés est passé de 1 220 milliards de dollars en 2004 à 2 100 milliards en 2007. Il a été multiplié par près de six en neuf ans !
Le dollar reste de loin la plus importante devise sur le marché des changes, même si elle a perdu 2,4 points de pourcentage en trois ans. Il figure dans 86,3 % des opérations. Chaque monnaie est forcément comptabilisée en double car deux devises sont impliquées dans une transaction.
L’euro, pour sa part, est resté quasiment stable (- 0,2 point) à 37 %, tandis que le yen a baissé de 3,8 points à 16,5 %.
La BRI relève aussi que le dollar hongkongais a été beaucoup négocié, « probablement du fait des liens entre Hongkong et la Chine ». « Quoi qu’il en soit, relève la BRI, la part de marché des devises des pays émergents sur le marché des changes a augmenté. Elles sont impliquées dans près de 20 % des transactions en avril 2007.
Du côté des places financières, la City de Londres conserve et accentue même sa position de numéro un sur le marché mondial des changes avec 34,1 % de part de marché contre 31,3 % en 2004. Viennent ensuite les Etats-Unis (16,6 %), la Suisse (6,1 %), le Japon (6 %) et Singapour (5,8 %). La France arrive en huitième position avec 3 %.

Ce qu’en pensent les rois

mars 3, 2008


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« Les nombreuses infortunes qui accompagnent toute condition nous interdisent toute présomption quant à nos satisfactions présentes, ainsi que toute admiration pour le bonheur d’un homme qui, avec le temps, pourrait connaître des revirements. Car le futur incertain viendra, avec toutes ses formes possibles ; et seul celui à qui les dieux ont garanti un bonheur continu jusqu’à la fin peut être justement qualifié d’heureux. »

C’était l’avertissement de Solon, législateur grec, à Crésus, très fier roi de Lydie qui passait pour l’homme le plus riche de son temps.

Imaginez, vous êtes sur un marché haussier et tout semble aller pour le mieux ; pire, de par vos opérations passées vous avez acquis la certitude que vous êtes en mesure de vous adapter à chaque nouvelle situation de marché ; vos succès couronnés prouvent que vous n’êtes décidément pas si mauvais.

Mais voyez-vous venir le cygne noir ?

cygne noir (problème du) : problème mettant à mal l’analyse déductive et selon lequel en aucun cas la multiplication des observations ne peut nous permettre de conclure que tous les cygnes sont blancs, tandis qu’il suffit d’observer un seul cygne noir pour réfuter cette conclusion.

Etes-vous prêts pour l’arrivée du cygne noir ? Ce jour où tout le marché se retournera contre vous, ce jour pas improbable si l’on en croît les statistiques.

En effet, l’histoire regorge de faillites retentissantes, l’actualité aussi, particulièrement dans les milieux de la haute finance. Le mal des cimes peut-être. Le mal des rois sans doute.

Eclatement des bulles spéculatives, faillite des meilleurs Hedge Funds (pensez à LTCM, ou encore à Tiger Management : quelle bonne idée d’acheter les meilleures valeurs et de shorter les autres, cela a même fonctionné un temps, le temps de donner à son fondateur/gérant une place de Gourou en faisant de son Hedge Fund le numéro 2 mondial, hélas ça n’a pas duré, de 1997 à 2000 pour être précis).


Traders, suivez l’avertissement de Solon, et pour prévenir l’apparition du cygne noir :

– Conservez le risque sous contrôle. Pour y arriver, commencez par intégrer le fait que le risque est bien le seul paramètre de contrôlable à 100% dans la mesure où vous le définissez avant chaque trade.
– Sécurisez une partie de votre PnL sur un compte distinct, compte qui ne vous servira en aucun cas à re-trader en cas d’insuccès avec le reste de votre capital.

Alors, même en cas de revirement brutal ou d’incapacité à poursuivre votre activité, fortune faîte sera en partie définitivement acquise, suffisamment pour vous permettre de continuer à jouir de vos exploits passés.


Mais terminons notre récit.

L’histoire raconte que Crésus, vaincu par Cyrus roi des Perses, s’écria sur le bûcher de sa mort : « Solon, tu avais raison ! », et qu’impressionné, Cyrus, après avoir appris de quoi il en retournait, lui laissa la vie sauve.

Nul doute que le roi Crésus n’eut pas à regretter d’avoir retenu l’avertissement de Solon.

Et vous ?